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Actualité - 3 mai 2021

Nouvelle publication scientifique: dans le Miombo, la régénération forestière attire les éléphants

Quel lien entre déforestation et déplacements des éléphants dans le Parc National de Gilé au Mozambique?

Un nouvel article co-écrit par des membres de Nitidæ et nos partenaires du CIRAD et de la Fondation François Sommer - Fondation Internationale pour la Gestion de la Faune (FFS-IGF) (co-gestionnaire du Parc National de Gilé au Mozambique où nous développons plusieurs projets liés à l’agriculture, la filière cajou ou la lutte contre la déforestation, notamment RN Gilé) vient d’être publié dans la revue African Journal of Ecology.

Analyse des préférences des éléphants en fonction de leurs déplacements

Un petit groupe d’éléphant persiste dans le Parc National. Cette étude montre que la déforestation et la végétation qui succède à la pratique d’agriculture sur abattis-brûlis ont un impact sur les déplacements de ces éléphants. Ceci a été étudié grâce à des colliers GPS dont certains éléphants, mâles et femelles, sont équipés dans le Parc de Gilé depuis quelques années et à l’utilisation de modèles de sélection d’habitat qui montrent si un type d’occupation du sol est choisi préférentiellement ou non. La localisation des éléphants suivis a été croisée avec les cartes d’utilisation des terres et de déforestation produites par Nitidæ sur la zone de Gilé ainsi qu’avec les données gratuites de Global Forest Watch.

Préférence relative (sélection volontaire de l'habitat - différant du temps passé dans cet habitat), des éléphants pour les différents usages du sol (cultures, jachères en régénération arborée, dambo, forêts, hors forêts) et en fonction des saisons selon les sorties du modèle de sélection d'habitat

Vers une gestion de la dégradation des forêts pour maintenir les éléphants dans le Parc?

Sans surprise, les éléphants sont attirés par les champs en culture au moment de la récolte. Ceci est connu des agriculteurs autour de Gilé, certains ayant déplacés leurs champs à cause de trop nombreuses déprédations. Le résultat original de l’article est que les éléphants semblent également rechercher les zones de régénération forestière post abattis-brulis. Cet attrait pourrait être dû à une composition floristique différente et une végétation plus jeune et plus tendre appréciée de ces herbivores.Les groupes d'éléphants peuvent avoir un impact sur le paysage en faisant tomber des arbres et donc en éclaircissant certaines parcelles lors de leur passage, ce qui favorise la régénération arborée par la suite. La faible population d’éléphants dans le Parc ne permettrait pas d’avoir un impact suffisant sur la végétation arborée. L’agriculture par abattis-brûlis jouerait alors ce rôle si elle reste cantonnée à une étendue raisonnable dans la zone de fréquentation des éléphants. De plus, les feux fréquents dans le parc réduiraient la végétation en sous-bois également appréciée des éléphants.

Ouverture d'un champ en bordure du Parc National de Gilé au Mozambique; ces nouveaux champs, particulièrement appréciés des éléphants, les poussent à sortir des limites du Parc

Le résumé de l’article:

Deforestation is a well-documented cause of wildlife decline, and protected areas (PAs) are one of the main conservation actions to reduce ensuing habitat loss and fragmentation. However, deforested patches may attract some species and increase the potential for human-wildlife interactions and conflicts. We analysed the GPS data of four African elephants (Loxodonta africana); two females and one male from 2014 to 2016 and one female from 2016 to 2019, from a small isolated population in Gilé National Park (GNAP), Mozambique. Collared elephants spent about half of their time outside GNAP. Habitat selection patterns showed that they strongly selected deforested patches, possibly because forage quality is greater than the understory of surrounding mature miombo woodlands. Preference for older deforested patches (regenerating woodland) or recently deforested patches (fields) varied between individuals. Those patches are mainly located around GNAP, possibly attracting elephants outside of the National Park. Our study suggests that managing forest regeneration to provide foraging opportunities for large herbivores inside PAs and reducing such opportunities outside PAs may limit the incentives for wildlife to cross PAs boundaries and reduce damage to the subsistence means of farmers.
Citation : Amaya, P.C., Nourtier, M., Montfort, F., Fusari, A., Randrianary, T., Richard, E., Prin, T. and Valls‐Fox, H. (2021), Are elephants attracted by deforested areas in miombo woodlands?. Afr J Ecol. L’article est disponible sur ce lien : https://doi.org/10.1111/aje.12882

>> L'article publié est téléchargeable ci-dessous: