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Actualité - 9 mai 2022

Parution d'un recueil de connaissances paysannes sur les interactions entre arbres compagnons et cacaoyers

Alors que le monde du cacao s'interroge sur comment faire de l'agroforesterie, ici nous venons regarder ce que peuvent nous apprendre les cacaoyères paysannes en Côte d’Ivoire

Dans le secteur de la production du cacao, l’agroforesterie est un levier pertinent pour aider la conduite agronomique de parcelles (ombrage, maintien de la fertilité du sol, microclimat, gestion parasitaire...), contribuer à la régénération du potentiel productif de terres post-forestières dégradées, et participer au maintien de la biodiversité cultivée.

Cependant, il existe une grande diversité de systèmes agroforestiers allant des plus simples (association de cacaoyers avec une espèce de fruitiers comme des orangers) aux plus complexes (association d’espèces fruitières et forestières sur plusieurs strates, d'origines diverses). En observant les cacaoyères et les paysans qui les exploitent en Côte d'Ivoire, "leur" agroforesterie est en fait une pratique assez répandue, bien avant que le concept soit repris par les acteurs du développement. En effet, on observe le maintien et l'introduction d'espèces végétales arborées associées aux plantations à des fins productives. C'est l'objet de ce travail, qui vient retranscrire sur papier des savoirs paysans, en les décodants pour les rendre diffusables et applicables.

Le travail de collecte des savoirs paysans sur le terrain

Quels arbres associés observe-t-on dans les plantations de cacao? Quel est leur impact sur les cacaoyers? Quels savoirs paysans peuvent servir à l'amélioration de la productivité des cacaoyères?

Ainsi, après avoir collecté pendant plusieurs années les savoirs paysans en Côte d’Ivoire, Nitidæ propose un guide détaillant les interactions entre arbres associés et cacaoyers. "Les arbres des cacaoyères - Recueil de connaissances paysannes sur les interactions entre arbres compagnons et cacaoyers en Côte d’Ivoire" présente ainsi 36 espèces arborées d’Afrique de l’Ouest communément rencontrées au sein des cacaoyères ivoiriennes et pour lesquelles les savoirs paysans sont les plus concordants. Ces savoirs ne sont pas déduits de recherches expérimentales mais sont le fruit d’observations, d’empirisme et de pratiques des producteurs. La grande concordance entre ces connaissances d’un producteur à l’autre, d’une espèce d’arbre à l’autre et d’une région à l’autre nous a conduit à vouloir partager et diffuser cette collecte de savoirs paysans.

Pour chaque espèce, ce fascicule propose ainsi une double page :

  • la première permet d’identifier l’espèce à l’aide de descriptions imagées, elle illustre également la phénologie de l’arbre
  • la seconde page présente les usages potentiels de l’espèce, ses effets sur les cacaoyers tels qu’ils sont perçus par les paysans et les conditions de croissance et méthodes de multiplication.

Par exemple, le Koya Morinda lucida (Rubiaceae) "pleure" et vient humidifier le sol, de plus il fournit un ombrage toute l’année permettant d’atténuer l’effet de la saison sèche

Ce fascicule est conçu comme un outil d’accompagnement pour les techniciens et conseillers agricoles, le personnel des coopératives, les producteurs de cacao et les porteurs de projet engagés dans la promotion de l’agroforesterie. L’utilisateur de ce livret pourra donc choisir les espèces à introduire dans une plantation de cacao en connaissant ses effets sur le milieu et sur le développement et la production des cacaoyers voisins. Il pourra donc utiliser l’introduction d’arbres comme un levier agronomique, en réponse à la diversité des besoins de sa plantation. Par exemple, une espèce qui maintient l’humidité du sol peut être sélectionnée et plantée dans une zone de la plantation sujette au manque d’eau. Ce recueil de connaissances paysannes vise aussi à inscrire l’introduction d’arbres dans les cacaoyères comme l’une des pratiques possibles pour l’amélioration de la productivité des cacaoyères.

Ce fascicule n’est qu’une première version d’un travail de long terme engagé par Nitidæ et ses coopératives partenaires. Il sera enrichi et complété grâce aux commentaires de quiconque souhaite participer à ce travail collectif de documentation des pratiques agroforestières paysannes d’Afrique de l’Ouest.

>> N’hésitez pas à télécharger et à diffuser largement ce document #opensource ci-dessous