

02 - Présentation générale de la coque de cajou
La coque possède une épaisseur moyenne de 3 mm et est constituée de deux couches principales :
- Une couche externe rigide : lignifiée, résistante, protectrice
- Une couche interne alvéolaire : un réseau de cavités contenant le CNSL, un liquide marron et visqueux
2.1 Composition massique & Propriétés physico‑chimiques
La coque se décompose en deux fractions principales :
CNSL — 25 à 30 %
- Composé de molécules phénoliques ramifiées
- Acide anacardique (65–77 %), Cardanol (1–9 %), Cardol (15–20 %)
- Viscosité élevée
- Liquide irritant
- PCI : 37,4 MJ/kg
Tourteau — 70 à 75 %
- Fraction solide composé de matières lignocellulosiques
- Cellulose (20–30 %)
- Hémicellulose (15–25 %)
- Lignine (10–20 %)
- PCI : 20,5 MJ/kg
Le CNSL présente une composition proche de la fraction phénolique du pétrole, et est couramment employé comme matière première de résines ou peintures. Plus récemment le CNSL réveille un intérêt pour la part des acteurs de l’énergie, dans un contexte d’essor de la demande en biocarburants.
Possédant un pouvoir calorifique proche du bois, le tourteau représente un excellent biocombustible, abondant et abordable.
2.2 Gisements. Distribution et flux de coques dans le monde
Les principaux territoires producteurs de coques sont mécaniquement les principaux transformateurs : le Vietnam, suivi de l’Inde et de la Côte d’Ivoire. Forte de son industrie de transformation atteignant aujourd’hui les 600 000 tonnes annuelles, la Côte d’Ivoire compte pour plus de ¾ des volumes produits sur le continent, et 80 % des coques de l’espace ouest-africain. En fonction de la concentration géographique du gisement et de la typologie de l’industrie avoisinante, les débouchés de la coque sont très variables selon les territoires.
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En Inde, un marché de la coque s’est bien construit grâce à la valorisation du CNSL comme matière première pour l’industrie domestique des polymères (résines) et la forte demande de biomasses combustibles par les industriels et les centrales électriques.
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Au Vietnam, le secteur manufacturier étant moins développé, les coques sont davantage considérées comme des produits à exporter, séparées en leurs deux fractions.
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Du côté africain, une petite partie des coques générées est systématiquement utilisée pour les besoins thermiques du process de la noix. Quelques industries lourdes achètent les coques pour combustion directe dans leurs fourneaux. L’on témoigne, depuis 2022, un essor des projets d’extraction de CNSL sur le continent.
2.3 Techniques de séparation du CNSL
Quatre procédés d’extraction existent. L’extraction mécanique est de loin la technique la plus employée.
L’extraction mécanique reste la technologie la plus adaptée aux usines africaines (simplicité, modularité, bon rendement).
Encadré : Potentiel de la coque
Le potentiel de la coque de cajou dépend de trois dimensions : son fractionnement massique, l’apport énergétique et leur valeur marchande de chaque fraction. Le tourteau représente la majeure partie de la masse, mais il est moins énergétique et bien moins valorisable que le CNSL. Avec l’extraction mécanique, 20 % devient du CNSL, tandis que 10 % forment des boues. Malgré son faible volume, le CNSL fournit plus d’un tiers de l’énergie totale récupérable grâce à son pouvoir calorifique élevé.
Sur le plan économique, l’écart de valeur est très marqué : environ 380 USD/t pour le CNSL contre 24 USD/t pour le tourteau. Cela n’empêche pas la vente du tourteau et des boues d’être stratégique, notamment dans les pays où ces débouchés sont bien établis. Le prix du CNSL reste toutefois fortement corrélé au pétrole (cf figure ci-dessous), ce qui peut réduire sa rentabilité dans des contextes où les coûts énergétiques et de maintenance sont élevés. Lorsque la demande le justifie, le raffinage (CNSL distillé, cardanol) peut améliorer la valeur du produit.
Raffinage du CNSL
Selon la technique d’extraction, le CNSL contient encore un taux élevé d’acide anacardique et des quantités variables d’eau et de molécules lourdes (débris, goudrons) qu’il faut éliminer avant commercialisation. Ce traitement repose sur des séparations physiques (tamisage, décantation, filtration) et un chauffage qui convertit l’acide anacardique en cardanol. Le produit obtenu doit respecter la norme IS 840-1986 pour avoir le grade technique.
La demande croissante pour un usage en biocarburant impose des exigences plus riches et plus strictes que la norme IS 840. Ce CNSL, davantage traité, est appelé selon les sources CNSL purifié, raffiné, traité ou dégommé.
Pour obtenir un produit riche en cardanol au-delà du contenu du CNSL technique (~60 %), une distillation permet de concentrer le cardanol (composant plus léger) d’un côté, et les composants plus lourds (cardol, méthylcardol, oligomères) de l’autre.
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La phase riche en cardanol (75 % et au-delà), moins opaque et contenant moins d’impuretés, est appelée CNSL distillé. Le cardanol pur (> 90 %), recherché par l’industrie des polymères, peut atteindre des prix de vente doublant ceux du CNSL technique.
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La fraction lourde issue de la distillation prend le nom de résidol : un produit hétérogène, très visqueux et opaque, qui trouve des débouchés comme résine — notamment pour ses propriétés d’imperméabilité.
Trois qualités, trois marchés : Le CNSL technique (≥ 60 % de cardanol) alimente l’industrie des résines. Le CNSL distillé / cardanol (> 90 % de cardanol) se vend jusqu’à deux fois le prix du CNSL technique et vise les marchés premium. Le résidol, fraction lourde issue de la distillation, trouve un débouché en résines imperméabilisantes.
03 - Voies actuelles de valorisation de…
