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Actualité - 9 nov. 2020

Conférence "Vers un cacao durable : potentiels et défis d’une chaîne de valeur complexe"

La distribution et plantations d’arbres au sein des parcelles de cacao ne diminue pas en soi la déforestation

Le 5 Novembre 2020 dernier s'est tenue une conférence, réunissant plus de 400 personnes, organisée par l'Iddri et l'Agence française de développement (AFD) composée de quatre webinaires abordant les différents thèmes de la durabilité du cacao-chocolat et présentant des réflexions, des résultats et des projets d’acteurs publics et privés.

Les vidéos des 4 thématiques sont disponibles en Replay ici.

Cédric Rabany, co-directeur de Nitidæ, a présenté au cours de cette journée, nos actions dans le domaine dans la Session n°4 : Démarches d’entreprises et d’ONG : pistes et perspectives. Même s'il s'agissait d'illuster les "champs des possibles", son intervention s'est également focalisée sur les leçons et les enjeux, pour la bonne analyse du territoire et éviter le greenwashing qui prévaut sur ce sujet.

La vidéo de son intervention ci-dessous:
La présentation de son intervention en bas de l'article.

Rappel des enjeux

  • Entre 1990 et 2015 la Côte d’Ivoire a perdu 60% de son couvert forestier, essentiellement à cause de l’extension de la culture du cacao … après la dénonciation, l’heure de l’action !
  • Le projet REDD+ de la Mé avait pour objectif de déployer une approche paysage dans la région du Sud Est de la Côte d’Ivoire, en périphérie des forêts de Mabi et Yaya.
  • Ce projet pilote, mis en œuvre en collaboration avec le MINEDD et financé par les fonds C2D, a permis de tester certaines approches innovantes.

Paiement pour Service Environnementaux (PSE) comme un modèle réplicable à grande échelle

  • Valoriser le potentiel agroforestier existant dans la région et optimiser sa régénération.
  • Saisir l’opportunité de la forte comptabilité entre l’agroforesterie et l’Agriculture Biologique.
  • Conception d’une prime « agroforestière » pour les cacaoyères ayant une couverture arborée de 30%.
  • Évaluation de la couverture grâce à la mesure de la surface terrière : un outil simple, robuste et applicable à grande échelle.

Leçons & challenges

  • L'approche par le 'territoire' nous paraît particulièrement adaptée pour répondre aux défis posés par la déforestation, dont les responsabilités sont diffuses et partagées. L’approche territoriale permet de catalyser l'intervention de différentes structures (les privés pour leur sourcing, les collectivités, l'État, les partenaires financiers, les ONG...) en favorisant l'implication de chacun et la mobilisation des communautés. Une telle approche permet d'intégrer des regards croisés, de générer de la transdisciplinarité, afin d’établir et mettre en œuvre une stratégie territoriale adaptée aux besoins des habitants et de leurs dynamiques.
  • Ré-investir à l’échelle du planteur. Le contrôle et le ralentissement de la déforestation doit se faire au plus proche des producteurs en les accompagnant dans la prise de risque liée à un changement de modèle. Le potentiel de régénération de la production existe mais implique des investissements de la part des producteurs. Dans ce contexte, le prix payé au producteur est donc un enjeu central.
  • L’art de concilier production et services écosystémiques. Notre expérience terrain confirme que l’agroforesterie, qui associe des arbres aux cacaoyers, apparaît comme une option crédible pour renouveler la cacaoculture en Afrique, permettant la recherche de compromis à l’échelle des producteurs. C’est ce qu’établit également la recherche, voir par exemple Cacaoculture agroforestière en Afrique : l’art de concilier production durable et services écologiques Jagoret P., Saj S., Carimentrand A., 2020. Montpellier, Cirad, Perspective 54. https://doi.org/10.19182/perspective/31915
  • Co-construire des solutions adaptées à chaque contexte. Il s'agit là d'aller également à contre-courant des pratiques observées chez certains acteurs en accompagnant la diversité plutôt que d'imposer des standards venus de l'extérieur.
  • L’agroforesterie n’est pas lutte contre la déforestation ! Si l’agroforesterie présente un potentiel indéniable pour accompagner la durabilité de la production, elle n’a aucun effet direct sur la déforestation ! La distribution et plantations d’arbres au sein des parcelles de cacao ne diminue pas en soi la déforestation. Il existe un réel risque de « greenwashing » dans un secteur où les effets d’annonce peuvent tromper les consommateurs attentifs aux enjeux de durabilité.

Sujets abordés et intervenants lors de la Conférence

Ouverture et mise en perspective
Bérangère Abba, secrétaire d’État à la Biodiversité
Bertrand Walckenaer, directeur général délégué de l’AFD

Session n°1: Cacao et biodiversité : les promesses de l’agroforesterie en discussion
Frédéric Amiel (Iddri)
Patrick Jagoret (Cirad)
Manuel Toledo (Université de Göttingen)
Tiphaine Leménager, responsable de projets biodiversité (AFD)

Session n°2: Une chaîne de valeur dure à croquer
Frédéric Amiel (Iddri)
Christophe Alliot (Le BASIC)
Adeline Dontenville (European Forest Institute)
Régis Meritan (Commission européenne, chef du secteur « croissance agricole », DG DEVCO)
Christophe Ducastel, chargé de mission biodiversité (AFD)

Session n°3 : Certification du cacao et biodiversité : revue des limites et des progrès
Frédéric Amiel (Iddri)
Christophe Eberhart (Ethiquable)
Julie Stoll (Commerce Équitable France)
Emmanuel Dollfus, responsable d’équipe projet développement rural et biodiversité (AFD)

Session n°4 : Démarches d’entreprises et d’ONG : pistes et perspectives
Antoine Resk Diomandé, directeur RSE (Cémoi)
Cédric Rabany (ONG Nitidae)
Cécile Lachaux (Noé)
Christophe Cottet, directeur, agence AFD d’Accra (Ghana)

Ces webinaires ont été modéré par Yann Laurans, directeur du Programme Biodiversité et écosystèmes (Iddri)