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Actualité - 20 sept. 2021

Modifications attendues de l’aire de répartition avec les changements climatiques de quelques espèces inventoriées au sein de la forêt de Beampingaratsy

Arguments en faveur de la protection de ce corridor forestier à Madagascar

Les modèles de répartition d’espèces (SDM: Species Distribution Models)

Dans le cadre d’un stage encadré par Nitidæ et l’INRAE, la répartition future de certaines espèces rares se trouvant au sein du massif forestier de Beampingaratsy ou plus au Nord (Parc National de Midongy du sud) a été modélisée à l’aide de SDM selon différents scénarios climatiques prévus par le GIEC (Group International d’Experts sur le Climat). Ces modèles permettent de cartographier l’aire de répartition potentielle d’une espèce selon les données d’inventaires terrain et l’ensemble des conditions climatiques de la zone étudiée. Avec les changements climatiques, il est attendu que l’aire de répartition des espèces se décale vers les pôles (vers le sud à Madagascar) ou en altitude. Les espèces qui peuvent se déplacer au fur et à mesure des changements verront effectivement leur aires de répartition se modifier si l’écosystème dont elles dépendent est toujours présent (dans le cas de la présente étude, la forêt humide). Les autres devront s’adapter rapidement ou verront leur population décliner. La méthode utilisée est résumée dans la figure ci-dessous.

Principes de modélisation avec des Species Distribution Models

Le rôle essentiel de corridor forestier du massif de Beampingaratsy

Les résultats montrent que, en effet, la plupart des aires de répartition des espèces étudiées vont se décaler vers le sud. La plupart des espèces concernées sont strictement forestières. Le massif forestier de Beampingaratsy, situé entre le parc national de Midongy du sud et le parc national d’Andohahela, jouera alors un rôle essentiel de corridor forestier entre ces deux parcs pour permettre aux espèces qui le peuvent de se déplacer vers le sud. La fragmentation de ce corridor, à cause de la déforestation, empêcherait alors tout déplacement des espèces vers le sud au fur et à mesure des changements. Un exemple de résultat est présenté ci-dessous pour l’amphibien Platypelis tuberifera qui trouvera dans le futur un climat idéal dans les zones d’altitude de Beampingaratsy et Andohahela.

Carte de l’aire de répartition pour Platypelis tuberifera selon différents scénarios climatiques : climat actuel à gauche et RCP 8.5 (scénario pessimiste du GIEC) à droite

Implications pour la gestion de la future aire protégée

Ces nouvelles connaissances fournissent des arguments supplémentaires pour la mise en protection du massif forestier de Beampingaratsy car ils mettent en exergue son rôle essentiel de corridor forestier dont il faut garantir l’intégrité dans le futur. Or, ce massif est menacé par la déforestation. C’est afin de réduire cette dernière que Nitidæ travaille avec les communautés locales alentours sur le développement agricole, l’aménagement du territoire et la conservation à travers le projet Talaky. Si le projet de création de Nouvelle Aire Protégée voit le jour, les résultats de cette étude permettront d’orienter le suivi de la biodiversité en ciblant les zones où on s’attend à ce que certaines espèces soient nouvellement présentes ou d’autres où on s’attend à ce qu’elles disparaissent localement. Le suivi devra bien intégrer les zones en altitude.


Si vous voulez aller plus loin sur la méthode, veuillez consulter le rapport de stage ici et si vous voulez connaître l’ensemble des résultats pour toutes les espèces étudiées, vous pouvez consulter la présentation .

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