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Actualité - 12 oct. 2026

PAP-Bio 2 : agir sur le genre et la cohésion sociale en périphérie du Parc National de la Comoé

Nouvelle étude approfondie dressant un état des lieux de la place des femmes et des tensions locales, et présentant les actions déjà engagées pour y répondre

L’approche « Paysage »

Nitidæ accompagne les organisations de la société civile et les communautés riveraines de la périphérie ouest du Parc National de la Comoé depuis 2020 (PAP-Bio et PAP-Bio 2). Conduites depuis le bureau de Dabakala, ses activités couvrent 29 villages situés dans les régions du Hambol et du Tchologo.

Gouvernance foncière, réduction des conflits agriculteurs-éleveurs, mesures environnementales et activités génératrices de revenus : le projet articule préservation des espaces naturels et développement local. Dans ce cadre, deux thématiques font l’objet d’un suivi approfondi, le genre et la cohésion sociale.


Genre : un travail féminin essentiel mais peu reconnu

Les activités économiques, domestiques et communautaires, confirment des inégalités marquées entre Hommes et Femmes. Les systèmes patrilinéaires concentrent les décisions sur la gestion foncière et communautaire.

Les femmes assurent pourtant l’essentiel de la vie du foyer en plus des travaux champêtres. Si elles disposent d’une autonomie sur quelques activités (arachide, karité, écorces médicinales, groupements d’entraide…), leur indépendance économique est encore très limitée.

Le rapport insiste enfin sur un point : les « femmes » ne forment pas un groupe homogène. L’âge, l’origine ethnique et le statut familial pèsent tout autant sur l’accès aux décisions.

En vert, on considère les activités où il y a un contrôle total de l’activité. En jaune, on considère une implication partielle, soit au niveau des tâches, soit au niveau des processus de décisions. En rouge, on considère que la pratique est proscrite. Attention : cela ne rend pas compte de la pénibilité des tâches ou du facteur discriminant

Cohésion sociale : une zone tampon sous pression

La zone d’intervention se situe à proximité d’un environnement régional qui se dégrade. La crise sécuritaire au Mali et au Burkina Faso entraîne des déplacements de populations, dont de nombreux éleveurs, vers le nord ivoirien.

Le recensement des conflits dans les 29 villages fait ressortir trois tendances :

  1. Les dégâts de culture causés par le bétail, signalés dans la quasi-totalité des villages et en hausse dans plusieurs d’entre eux. Ils alimentent un cycle de méfiance, voire de représailles envers les éleveurs peulhs
  2. Les conflits fonciers, liés à la délimitation des terroirs villageois ou aux limites des espaces protégés (Parc national, Zone de biodiversité des Monts Tingui)
  3. Les rivalités entre villages voisins, qui compliquent la gestion d’infrastructures partagées comme les écoles ou les centres de santé

Agir sur le temps long

Genre et cohésion sociale renvoient à des pratiques profondément ancrées. Nitidæ revendique une approche réaliste : passer par les filières agricoles et le développement local pour ouvrir des espaces de dialogue, sans brusquer les équilibres existants. Les avancées sont souvent modestes et fragiles, mais elles s’inscrivent dans la durée. Rendez-vous en fin de projet pour un second livrable consacré à l’évaluation de leur impact.

Le rapport complet « Genre & cohésion sociale – Volet 1 : Diagnostic et plan d’action » est disponible en téléchargement en bas de page (Documents associés)

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